Un toit en bardeaux de bitume, même installé avec soin, n’est jamais tout à fait à l’abri d’un incident. Le mauvais temps, un coup de vent, la chute d’une branche… et voilà une réparation qui s’impose, parfois plus tôt que prévu. Comment remettre d’aplomb un bardeau abîmé ? Voici ce qu’il faut savoir pour intervenir sans improvisation ni panique.
Les bardeaux bitumineux dominent le marché nord-américain depuis des décennies. Leur popularité au Canada et aux États-Unis ne doit rien au hasard : ils ont fait la preuve de leur résistance et de leur longévité. Pourtant, la qualité du matériau acheté pèse lourd dans la balance. Avant même de penser à réparer, tout commence au moment de l’achat.
Limiter les réparations précoces passe par un choix de bardeaux réfléchi. Il s’agit d’anticiper : quelles performances attendez-vous de votre toiture ? Durabilité, résistance au vent, finition ? Prendre le temps de consulter les fiches techniques s’impose. Seul un œil attentif y trouvera les vraies différences entre deux modèles à l’apparence semblable.
Acheter les bons bardeaux, c’est s’éviter des interventions inutiles
À première vue, tous les bardeaux se ressemblent ou presque. Pourtant, la qualité se mesure à des critères précis : masse de bitume, épaisseur, type de revêtement, résistance mécanique… Un fabricant qui joue la transparence sur ces points inspire davantage confiance. Fiez-vous aux fiches techniques détaillées, elles sont une mine d’informations.
Pour les toitures exposées, mieux vaut exiger des bardeaux conformes à la norme EN 544 pour garantir une tenue sérieuse dans le temps. Si jamais l’emballage mentionne une dérogation ETA à cette norme, réservez ce produit à des abris de jardin, pergolas ou annexes, où les exigences sont moindres.
En respectant les règles de pose, ces bardeaux encaissent sans broncher des rafales jusqu’à 12 m/s. Mais au-delà, ou sous l’effet répété des tempêtes, leur durée de vie diminue, et des dégâts peuvent survenir. Une branche emportée par le vent, une chute d’objets… les causes de détérioration ne manquent pas.
Pour tirer le meilleur parti de votre toiture, mieux vaut ne pas négliger l’entretien régulier des bardeaux bitumineux.
Procéder à la réparation d’un bardeau abîmé
Si les dégâts sont limités et que le reste du toit tient bon, il est tout à fait possible de gérer la réparation soi-même. Inutile de tout refaire : une intervention ciblée, un bardeau changé, et le tour est joué. À noter : les bandes bitumineuses prévues pour réparer ne conviennent pas aux bardeaux, il faut remplacer la partie endommagée.
Pour réparer efficacement, il vous faudra un marteau, un pied-de-biche, une spatule et des clous adaptés à la toiture.
Voici les différentes étapes pour remplacer un bardeau défectueux :
- Retirer le bardeau endommagé : Mieux vaut intervenir tôt le matin, quand l’asphalte est encore ferme sous le frais.
- Désolidariser les thermobandes : À l’aide d’une spatule longue, décollez délicatement la bande thermique du bardeau à changer.
- Enlever les clous : Utilisez le pied-de-biche pour retirer les clous, aussi bien sur le bardeau abîmé que sur celui situé juste au-dessus.
- Remplacer le bardeau : Retirez l’élément défectueux et posez le nouveau à sa place.
- Fixer les nouveaux clous : Clouez soigneusement la nouvelle pièce, en alignant les fixations avec la rangée supérieure.
Si besoin, un mastic bitumineux spécial toiture peut aider à assurer l’étanchéité.
Quand les dégradations touchent une grande surface sur une toiture déjà ancienne, il existe une alternative : poser de nouveaux bardeaux par-dessus ceux, encore intacts, déjà en place. Cette technique, courante dans des pays habitués aux toitures bitumineuses, est rendue possible par le faible poids du matériau.
Réparer les petits défauts sur les bardeaux
Pour les fissures superficielles ou certaines irrégularités, il est possible d’utiliser une peinture de réparation spécifique aux bandes bitumineuses. Les petits défauts d’aspect peuvent se traiter avec un mastic dédié à la réparation de toiture.
Pour masquer une zone réparée, une astuce consiste à récupérer les granulés qui se sont détachés des bardeaux et se sont accumulés dans la gouttière. Après avoir nettoyé ces granulés, saupoudrez-les sur le mastic appliqué à l’endroit traité, puis pressez légèrement avec une spatule. Cette solution permet d’éviter l’achat de kits de granulés de réparation souvent vendus séparément.
Un toit bitumineux entretenu et réparé avec méthode ne trahit pas ses années au premier coup d’œil. En surveillant et en intervenant avec précision, on prolonge la vie de sa toiture et on repousse le moment où il faudra tout refaire. Voilà une tranquillité d’esprit qui mérite bien quelques gestes techniques maîtrisés.


