Les chiffres ne mentent jamais : Simone Garnier, c’est près de quarante ans de télévision, des millions de téléspectateurs, des générations marquées au fer rouge de sa voix. Retirée des plateaux, elle coule aujourd’hui des jours tranquilles, mais sa trajectoire continue de fasciner. De ses débuts discrets à son statut de légende cathodique, Simone Garnier n’a rien d’une étoile filante oubliée. Elle a laissé une empreinte à la fois singulière et indélébile. Voici le portrait d’une femme qui a su imposer sa présence et son style, de l’écran jusque dans la mémoire collective.
Qui est Simone Garnier ?
Simone Antoinette Garnier, figure reconnue de la télévision française, a vu le jour à Paris le 25 décembre 1931. Fille de Louis Jean Eugène Garnier et de Joséphine Claudia Salpointe, elle grandit dans un environnement où l’innovation technologique s’invite au quotidien : ses parents tiennent à Lyon un magasin dédié à la vente de téléviseurs. C’est là, au cœur de cette boutique, que la jeune Simone se familiarise avec le petit écran et se forge des rêves d’antenne.
En observant les speakerines de l’époque, Catherine Langeais, qu’elle admire tout particulièrement, mais aussi Jacqueline Caurat et Jacqueline Joubert, elle développe un intérêt vif pour le métier. Loin des parcours chaotiques, son enfance se déroule dans une atmosphère stable, baignée par l’attention de ses parents et une éducation sans heurts.
Une carrière forgée à la télévision
Le parcours professionnel de Simone Garnier débute par une tentative infructueuse : elle se présente au concours d’entrée de la Banque de France, sans succès. Ce revers, pourtant, ne la freine pas. Elle repère une offre d’emploi dans Le Progrès de Lyon : la chaîne régionale RTF-Lyon recherche une speakerine. Elle tente sa chance, est retenue, et fait ses premiers pas à la télévision en 1954. Cette année marque le véritable lancement de son aventure audiovisuelle.
Dans un Lyon animé par la vie culturelle, Simone Garnier prend part à de nombreux spectacles, investissant des lieux connus comme le Palais d’Hiver, la Bourse du Travail ou la Salle Molière. Elle ne monte pas seule sur scène : Jo Darlays et Guy Bouxin partagent souvent l’affiche avec elle. Les périodes estivales ne la laissent pas inactive ; elle prend régulièrement le relais de ses consœurs de l’ORTF, participant à la présentation du programme national depuis Paris sur la première chaîne. À chaque étape, elle affine son style et gagne en assurance.
Un destin construit sous les projecteurs
Simone Garnier ne tarde pas à rejoindre le cercle fermé des grandes personnalités du petit écran. Son véritable envol se joue avec l’émission Intervilles. C’est là qu’elle explose aux yeux du public, épaulée par Guy Lux et Léon Zitrone. Dès le début des années 1960, elle devient un visage incontournable de TF1, animant avec brio Intervilles et Jeux sans Frontières. Pendant trente ans, elle s’investit pleinement dans ces émissions, marquant les esprits par son professionnalisme et sa capacité à fédérer les téléspectateurs.
Un épisode de 1961 reste gravé dans les mémoires : Guy Lux, complice de toujours, lance en direct la fameuse réplique « En voiture Simone », une formule qui va traverser les décennies et s’installer dans le langage courant. Ce clin d’œil en dit long sur la popularité et la place occupée par Simone Garnier dans l’imaginaire collectif.
Les années 1980 voient la naissance d’un nouveau chapitre : elle prend les commandes de Tournez manège ! sur TF1, partageant l’antenne avec Evelyne Leclercq et Fabienne Égal, mais parvenant toujours à se distinguer. La recette : une présence affirmée, une capacité à mettre à l’aise les candidats, et un sens du rythme propre aux grandes animatrices. L’aventure s’achève en 1991, année où elle décide de prendre sa retraite à soixante ans. Sa dernière apparition à la télévision se fait lors d’une comédie musicale, Le Cadeau de Noël, diffusée sur TF1.
La vie loin des caméras
Loin de l’effervescence des studios, Simone Garnier mène une existence discrète et sereine. Elle partage sa vie avec Antoine Knap, son époux, et ensemble ils élèvent deux enfants, nés respectivement en 1959 et 1964. Aujourd’hui, ces derniers poursuivent leur chemin, chacun avec leur propre famille. Les petits-enfants viennent régulièrement animer la maison familiale, apportant leur lot de rires et de moments complices à la nonagénaire, désormais pleinement tournée vers les siens.
Simone Garnier n’a pas seulement traversé l’histoire de la télévision française ; elle l’a façonnée, épisode après épisode, émission après émission. Sa voix résonne encore, et son image, bien loin de s’effacer, rappelle à chacun la force tranquille des grandes figures qui n’ont jamais eu besoin d’en faire trop pour marquer toute une époque.



